Bénarès ville sainte

Bénarès ville sainte

Bénarès ville sainte

 

 

Bénarès, la ville la plus sacrée de l’Inde, est constamment envahie par une foule de pèlerins. Chaque Hindou doit s’y rendre au moins une fois dans sa vie et, si possible, y mourir pour bénéficier des meilleures chances d’atteindre le Moksha (salut, délivrance). Bénarès n’est pas une ville facile pour les Occidentaux, mais elle est pourtant fascinante. Nous en avons bien profité lors d’un de nos voyages en Inde.
Pour vous imprégner de l’atmosphère de cette ville, restez de longs moments à contempler le flot des fidèles vaquant à leurs occupations.

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Aussi ancienne que Babylone, Bénarès, aujourd’hui connue sous le nom de Varanasi est pour les hindous la « Cité de la lumière divine » (Kashi). Des sept villes sacrées de l’Inde, c’est la plus sainte. Les autres sont Ayodhya, Dwarka, Hardwār, Kanchipuram, Mathura et Ujjain. Chacune est dédiée à Shiva ou à Vishnou sauf Kanchipuram, qui est vouée aux deux. Du plus humble au plus riche, les pèlerins effectuent souvent leur yatra (pèlerinage) en bus à l’occasion d’une excursion, tout en psalmodiant des banjan (chants religieux) en chemin. Ils viennent ici pour recevoir la darsan – la vision qui apporte une bénédiction et pour se baigner dans les eaux sacrées. Tout autour se pressent des prêtres, guru et mendiants prêts à soulager de leur pécule les pèlerins peu habitués à la grande ville. Vous pouvez retrouver cette ambiance dans le superbe film « Un plus Une » de Claude Lelouch avec Jean Dujardin et Elsa Zilberstein.

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Bénarès était déjà en plein essor il y a 2500 ans lorsque le Bouddha se rendit à Sarnath pour prêcher son premier sermon, ce qui fait que la ville est également sacrée pour les bouddhistes.
Pus tard les musulmans mirent régulièrement la cité à sac ; l’empereur Shah Jahan, qui construisit le Taj Mahal au 17ième siècle, interdit la reconstruction des temples et le pieux Aurangzeb convertit l’un deux en mosquée. Les premiers britanniques débarqués sur place furent troublés par l’exotisme et le mystère que dégage Bénarès. Nous avons, nous aussi, été subjugués par cette ambiance de folie en nous promenant dans le dédale des ruelles envahies par les vaches et les pèlerins.

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Le caractère sacré de Bénarès a inspiré quelques-unes des plus merveilleuses créations de la culture hindouiste. La ville a donné naissance à certains des meilleurs musiciens de l’Inde et accueille de nombreux festivals musicaux. Elle est également un centre d’enseignement du sanskrit et de l’hindi classique, dont les cours sont dispensés aussi bien en terrasse, ou en arrière-salles que dans les universités. Au Bhârat Kala Bhavan sont exposées de superbes miniatures, des vestiges (sculptures, archives, artisanat) de l’histoire très ancienne de cette ville. Les tisserands locaux ont mis au point ce que l’on appelle le brocart de Bénarès, un tissu incluant des fils d’or et d’argent. Très prisé par les Moghols, il est encore fabriqué aujourd’hui et vous en trouverez au Marché de la Soie. A l’extérieur du marché de la soie, vous trouverez le marché du cuivre, et bien d’autres encore…

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Ensuite, selon les envies de chacun, très tôt le matin ou le soir, vous pouvez naviguer sur le Gange avec de petites barques précaires. Nous avons fait le Gange le soir (nuit tombée) pour profiter des cérémonies religieuses inoubliables, chants, danses et lumières de feux en honneur à Shiva. Pour les Ghats, nous les avons parcourus tôt le matin, avec son lot d’ablutions et de prières dans le Gange jusqu’au Ghāt de Jalasai, célèbre pour ses nombreuses crémations et dont le nom évoque Vishnou sous sa forme couchée sur l’Océan cosmique. Il jouxte le Ghāt de Manikarnika, le plus sacré de tous, où Shiva creusa un bassin pour récupérer la boucle d’oreille de Parvati. Seules les familles très aisées peuvent se faire incinérer à cet endroit.
Ce fut une très belle aventure, pleine de joie, d’admiration, de découvertes inouïes, mais je peux vous assurer que le choc culturel est énorme. On adore ou on déteste, nous avons adoré !

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